Le Dispositif Interdisciplinaire de lutte contre les VIolences dans le Couple – Un outil innovant pour le Hainaut

22 Avr 2026 | Action sociale provinciale, Cohésion sociale, Violence conjugale

Le 16 avril 2026, le service Violences Egalité Genres en Hainaut, alias VEGHa, et le Pôle wallon de ressources spécialisées en violences conjugales et intrafamiliales ont une fois de plus associé leurs forces. Sur le site du Grand Hornu, ils ont réuni les professionnel.le.s haniuyer.e.s de l’accompagnement et de la prise en charge des victimes et auteurs de violences conjugales. Le thème de cette rencontre interprofessionnelle, qui se déroule plusieurs fois par an, avait pour objet la présentation d’un nouveau dispositif qui a déjà été implémenté dans les provinces de Liège et du Brabant wallon : le DIVICO « Dispositif Interdisciplinaire de lutte contre les VIolences dans le Couple « .

Découvrez ci-dessous en vidéo comment fonctionne ce dispositif.

Un outil de monitoring des violences conjugales grâce à la mise en commun des cas constatés par les professionnel.le.s

Cette matinée s’est déroulée comme suit, grâce aux interventions de Jean-Louis SIMOENS, Directeur de l’ASBL Le Pôle De Ressources, et de Pauline LEGROS, Coordinatrice de DIVICo Hainaut. Les personnes présentes, actives au sein des mondes judiciaires et psycho-médico-social ont pu prendre connaissance de la présentation de cet outil dont le but est avant tout d’accroître la sécurité des personnes victimes de violences dans le couple, en répondant aux enjeux et défis de la concertation interdisciplinaire et intersectorielle. Après une présentation de l’évaluation du dispositif liégeois, les intervenants ont présenté les détails de l’outil hainuyer, ainsi que la ligne du temps de l’implémentation du DIVICo en Hainaut.

Tous les opérateurs actifs dans cette matière s’accordent aujourd’hui sur le fait que la problématique des violences conjugales et intrafamiliales constitue un enjeu majeur de santé publique, de justice et de cohésion sociale. « En effet, elle mobilise de manière intrinsèque une pluralité de champs disciplinaires et professionnels : judiciaire, médical, social dont les cadres d’intervention, les temporalités et les référentiels diffèrent sensiblement » expliquent les intervenants  » Cette hétérogénéité, si elle est une richesse, peut également constituer un facteur de discontinuité dans le parcours des victimes. Les logiques institutionnelles, les contraintes procédurales et langages spécialisés peuvent parfois fragmenter la compréhension des situations dans leur globalité ».

Tous les objectifs de ces acteurs convergent, selon des méthodes et des pratiques différentes.

  • La justice cherche à établir les faits et garantir des droits;
  • Le monde médical soigne et tente de comprendre les blessures invisibles;
  • Le secteur social, lui, accompagne dans la durée, soutien, reconstruit.

« Pourtant, malgré cette complémentarité, nous savons combien de parcours de victimes reste encore fragmenté » précisent-ils  » C’est ici que la présentation DIVICO prend tout son sens : Pour consolider le pont entre les différents secteurs en partageant un vocabulaire commun. En harmonisant un langage qui dépasse le jargon professionnel, un langage qui nous rappelle que derrière chaque dossier, chaque consultation, chaque signalement, il y a une histoire singulière. Un langage qui vise à mettre en mots l’indicible, le silence, l’ambivalence, les peurs ainsi que les mécanismes d’emprise ».

Mais pourquoi cette nécessité d’harmoniser cet accompagnement et ces interventions en matière de violences conjugales et intrafamiliales ?

Les intervenants ont par exemple abordé le cas du contrôle coercitif; il s’agit d ‘« un acte ou une série d’actes d’agression, de menaces, d’humiliation et d’intimidation ou d’autres abus qui ont pour but de blesser, punir ou effrayer la victime ». 

Cette problématique est envisagée différemment selon les secteurs des professionnel.le.s qui se penchent sur ce phénomène. Le DIVICO tend à permettre un traitement transvervsal de la situation.

« Pour les professionnel.le.s de la justice, le DIVICO peut éclairer les complexités de la situation :  Pourquoi une victime ne part pas ? … Pourquoi elle se rétracte ? … Pourquoi elle protège parfois son agresseur ? » détaillent les intervenants  » Pour les soignants, il permet d’enrichir la compréhension des traumatismes psychiques, de leur manifestations diffuses, parfois invisibles aux examens cliniques et pour les acteurs sociaux, il renforce la capacité d’écoute et d’accompagnement en donnant des clés pour mieux saisir les parcours de vie et les ruptures ».

Le DIVICO invite à écouter autrement, à questionner les certitudes des uns et des autres au sein d’un espace de réflexion et de coopération. : »Il s’agit d’un espace permettant de décloisonner les pratiques et de renforcer l’action collective car lutter contre les violences conjugales et intrafamiliales ne peut pas être l’affaire d’un seul secteur, c’est une responsabilité partagée ».

Mais le DIVICO, c’est aussi un espace de formation, avec le déploiement d’un outil visant à évaluer la criticité d’une situation de violence dans le couple avec risque létal.

Le DIVICO ne se contente pas d’organiser le travail des professionnel.le.s; il crée une vigilance collective capable d’intercepter la violence avant qu’elle ne devienne irréversible : « En résumé, c’est en croisant nos regards et en enrichissant sa compréhension que nous lutterons plus justement, plus efficacement, plus humainement, contre les violences dans le couple ».