L’équipe du SAmbuSaHM : la force tranquille des intervenants de crise.

15 Juil 2026 | Action sociale provinciale, Aide en milieu de vie

Être éducateur.rice spécialisé.e à la Province de Hainaut permet de nombreuses opportunités. Rencontre avec Sébastien Capart, éducateur A1, qui est aujourd’hui coordinateur de deux services d’Action sociale, dont le Service Ambulatoire Santé et Handicap Mental. La mission de cette Cellule Mobile d’Intervention est unique au sein de l’institution provinciale en Hainaut et cette équipe est l’une des 9 du genre actives en Belgique francophone.

Agissant dans le Grand Charleroi et la Botte du Hainaut, le travail assuré s’avère d’une spécificité remarquable, prenant et pourtant méconnu. Coordinateur à tiers temps, Psychologue à temps plein et éducatrices à mi-temps, Sébastien, Valérie, Hélène, Virginie et Barbara interviennent en situation de crise importante, dans les vies de personnes présentant une déficience mentale légère et un trouble du comportement ; quand soudain, leur situation « dégénère » au regard des normes sociales attendues et que cette attitude entraîne un risque d’être exclues par l’entourage :

« Nos bénéficiaires en situation de handicap, qui peuvent être âgés de 16 ans et plus, ont tous besoin d’un suivi psychiatrique et psychologique. Ils présentent par exemple des troubles autistiques ou de la personnalité, une schizophrénie, etc. Dans 60 % des cas, ce sont les familles en détresse qui nous contactent car la personne a décompensé tout à coup face à un événement du quotidien ou a agi agressivement ou violemment, en devenant un danger pour elle-même et les autres ».

Les institutions, les écoles, les services d’hébergement, les lieux de travail adapté font également appel au SambuSaHM dans ces situations de tension extrême. « Notre rôle : mettre en place les solutions qui tempéreront la personne. Cela commence toujours par la sollicitation d’un psychiatre, déjà traitant ou un nouveau qui accepte le suivi et peut modifier la médication ». Le rôle d’apaisement et de porte-parole débute alors : assister aux réunions de suivi avec les psychiatres, accompagner le bénéficiaire à ses rendez-vous, relayer les progrès constatés si le bénéficiaire a des difficultés à communiquer, contacter des infirmiers à domicile si nécessaire, réunir les membres de l’entourage privé ou professionnel, impulser le suivi collectif de la personne avec d’autres travailleurs sociaux, contacter les milieux hospitaliers quand une personne est internée, préparer la sortie de milieu pénitentiaire dans les cas où les troubles de la personne ont impacté le cadre légal,…

Sans formation spécifique autre que celle de l’expérience de terrain, l’équipe agit en tissant un réseau d’aide autour du bénéficiaire, qui dans 30% des cas vit seul, en s’assurant qu’il y fait bien appel afin d’éviter toute rechute. Elle sensibilise également la famille à ce suivi et/ou l’entourage, afin de maintenir des interactions adéquates :

« Nous outillons par ailleurs les intervenants de première ligne pour les sécuriser, en les informant sur la situation du bénéficiaire ; en leur indiquant comment prévenir les crises : ce qu’il faut ou ne pas dire ou faire par exemple » explique Sébastien « On travaille sur la source des problèmes pour que ça ne se reproduise pas et une fois que la situation est apaisée et stabilisée, le réseau – médecins, infirmiers, proches, services d’accompagnement, institutions adaptées,… – que nous avons tissé ou solidifié prend le relais pour assurer le suivi de la personne ».

Avec 60 bénéficiaires par an, le quotidien de cette équipe, stressant et empreint de contextes parfois dramatiques, est soulagé par une belle décompression collective entre collègues :

« On a du dialogue, de l’humour, on échange autour d’un café ou du repas de midi. Notre équipe est assez stable depuis 15 ans et on se soulage les uns les autres. On fait tout ce qui est en notre pouvoir pour nos usagers et nous devons parfois reconnaitre les limites de notre intervention. Ces moments d’échanges nous permettent de souffler et de dédramatiser ».

Mais aussi, de saluer tout le travail de fond accompli pour le mieux-être de ces citoyens et leurs proches.

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